Natation
Blessures en natation : les prévenir et bien reprendre
Publié le 25 juillet 2026
La natation a la réputation d'être un sport porté, sans impact et peu traumatisant pour les articulations — ce qui est globalement vrai comparé à la course à pied ou aux sports de contact. Elle n'est pourtant pas sans risque : le volume de mouvements répétitifs des épaules en fait, avec le temps, l'une des zones les plus sollicitées du corps chez les nageurs réguliers. Voici les blessures les plus fréquentes et comment les prévenir.
L'épaule du nageur : la blessure la plus fréquente
Le geste de crawl et de dos crawlé sollicite l'épaule sur une amplitude très large, des milliers de fois par séance à raison de plusieurs entraînements hebdomadaires. Cette répétition finit par irriter les tendons de la coiffe des rotateurs, en particulier le tendon du supra-épineux.
Une étude de référence menée par Sein, Walton, Linklater et al. (2010), publiée dans le *British Journal of Sports Medicine*, a réalisé des IRM sur des nageurs de haut niveau souffrant de douleurs à l'épaule : les auteurs ont observé une atteinte du tendon supra-épineux chez près des deux tiers d'entre eux, avec un lien direct entre le volume hebdomadaire d'entraînement et la fréquence de ces lésions. Ce résultat, obtenu chez des nageurs de compétition, rappelle une règle simple pour tout pratiquant régulier : la douleur d'épaule qui persiste au-delà de quelques séances ne doit jamais être ignorée ni simplement « nagée à travers ».
Les signes à surveiller
- Une douleur qui apparaît systématiquement à un moment précis du mouvement de bras (souvent en fin de poussée ou en phase de retour aérien).
- Une gêne qui s'installe progressivement au fil des séances plutôt qu'un choc ponctuel.
- Une douleur nocturne, en particulier en dormant sur le côté concerné.
Prévention
- Travailler le gainage scapulaire en complément de la natation, pour stabiliser l'omoplate pendant le mouvement.
- Varier les nages plutôt que de nager exclusivement en crawl, ce qui répartit les contraintes sur des groupes musculaires différents.
- Augmenter le volume progressivement après une pause, plutôt que de reprendre directement au rythme antérieur.
- Corriger la technique avec un éducateur : une mauvaise position du coude en phase de traction augmente sensiblement le stress sur l'épaule.
Les otites du nageur
L'humidité persistante dans le conduit auditif favorise les infections, en particulier chez les enfants et les nageurs réguliers.
- Otite externe : inflammation du conduit auditif externe, favorisée par une eau qui stagne après la séance.
- Prévention : sécher soigneusement les oreilles après chaque bain, éventuellement à l'aide de bouchons d'oreille en silicone moulés sur mesure pour une pratique très fréquente.
- Signes d'alerte : douleur à la traction du lobe, sensation d'oreille bouchée persistante — consultez si les symptômes durent plus de quelques jours.
Les irritations liées au chlore
- Yeux rouges et irrités : le port systématique de lunettes bien ajustées reste la meilleure prévention.
- Peau sèche et cheveux abîmés : une douche rapide sans savon agressif juste après la sortie du bassin, puis une hydratation régulière, limitent ces effets sur la durée.
- Sensibilité respiratoire au chlore : rare mais documentée chez certains nageurs très réguliers en piscine couverte, à signaler à un médecin si une toux ou une gêne respiratoire apparaît après les séances.
Les crampes et la fatigue musculaire
Les crampes des mollets ou des pieds touchent occasionnellement même des nageurs expérimentés, en général liées à une hydratation insuffisante avant la séance (on pense rarement à boire avant de nager) ou à un échauffement trop bref.
- S'hydrater avant la séance, pas seulement après.
- Échauffer progressivement avec des longueurs lentes avant d'enchaîner un travail intensif.
- Étirer les mollets et les pieds en fin de séance plutôt qu'à froid.
Reprendre après une blessure
- Douleur d'épaule : reprendre par des nages moins sollicitantes (brasse en amplitude réduite) avant de réintroduire progressivement le crawl, idéalement avec l'avis d'un kinésithérapeute du sport.
- Otite : attendre la disparition complète des symptômes avant de replonger, le conduit auditif restant fragile pendant la phase inflammatoire.
- Reprise générale après une longue pause : reconstruire le volume sur plusieurs semaines plutôt que de viser d'emblée le rythme d'avant l'arrêt, comme évoqué dans notre article sur les premiers cours de natation adulte.
Le mal de dos : souvent lié à une mauvaise technique
Contrairement à une idée reçue, la natation ne prévient pas automatiquement les douleurs lombaires ou cervicales : une brasse pratiquée avec la tête maintenue trop haute au-dessus de l'eau sollicite excessivement les cervicales, et un dos cambré en crawl peut accentuer une fragilité lombaire préexistante. Un éducateur attentif à la position de la tête et du bassin pendant la nage corrige ce type de compensation avant qu'elle ne devienne source de gêne chronique.
L'importance de l'échauffement, souvent négligé
Beaucoup de nageurs loisir enchaînent directement des longueurs rapides sans échauffement progressif, à la différence des nageurs de club habitués à un protocole d'entrée dans l'eau structuré : quelques longueurs lentes en variant les nages, puis une accélération progressive. Ce temps d'adaptation musculaire et articulaire réduit sensiblement le risque de crampes et de gêne à l'épaule en début de séance, en particulier par temps froid ou après une longue période sans pratique.
Le rôle de l'encadrement dans la prévention
Un club structuré, avec un éducateur qui corrige régulièrement la technique et adapte le volume d'entraînement à chaque nageur, réduit sensiblement le risque de blessures de surutilisation. C'est un critère à part entière au moment de choisir son club de natation, au-delà du seul niveau des groupes.
Questions fréquentes
Peut-on continuer à nager avec une douleur légère à l'épaule ? Mieux vaut réduire le volume et consulter dès les premiers signes persistants : une douleur négligée évolue plus facilement vers une tendinopathie installée qu'une gêne traitée précocement.
Les bouchons d'oreille sont-ils utiles pour tous les nageurs ? Ils sont surtout recommandés en cas d'otites à répétition ou de pratique très fréquente ; un nageur occasionnel sans antécédent n'en a en général pas besoin.
La natation aggrave-t-elle les douleurs de dos existantes ? Généralement non — c'est même souvent recommandé en récupération, à condition d'adapter les nages (éviter la brasse en cas de fragilité lombaire ou cervicale) et d'en parler à son médecin ou kinésithérapeute.
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