Cyclisme
Vélo électrique : est-ce encore du sport ? Ce que disent les études
Publié le 5 août 2026
« Avec l'assistance, tu ne fais plus d'effort ! » Tout possesseur de vélo à assistance électrique (VAE) a déjà entendu la pique. Alors que le VAE représente désormais une vente de vélo sur quatre en France, la question mérite une vraie réponse : pédaler assisté, est-ce encore de l'exercice ? La science a tranché, et elle est plutôt du côté des électro-cyclistes.
Ce que mesurent les études
La revue systématique de Jessica Bourne et ses collègues, publiée en 2018 dans l'International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity (voir l'étude), a agrégé les travaux disponibles : rouler en VAE constitue une activité physique d'intensité au moins modérée — moins intense que le vélo classique, certes, mais nettement supérieure à la marche. Chez des personnes inactives, quelques semaines de VAE suffisent à améliorer la condition cardiorespiratoire et des marqueurs métaboliques.
L'explication est simple : l'assistance ne pédale pas à votre place, elle démultiplie votre pédalage — qui reste obligatoire, l'assistance se coupant d'ailleurs à 25 km/h. Le cœur monte moins haut dans les côtes, mais il travaille plus longtemps, car c'est là le vrai secret du VAE : on l'utilise beaucoup plus. Les études d'usage montrent que les propriétaires de VAE roulent plus souvent et plus loin qu'avec leur ancien vélo musculaire. Une activité modérée pratiquée quatre fois par semaine bat une activité intense pratiquée jamais.
Pour qui le VAE change la donne
- Les sédentaires et les personnes en reprise : le VAE lisse les côtes et la peur d'arriver épuisé, deux freins majeurs. C'est un excellent outil pour reprendre le vélo à l'âge adulte.
- Les vélotafeurs : arriver au travail sans transpirer tout en cumulant 30 à 60 minutes d'activité quotidienne — le meilleur « sport-santé » caché dans un trajet.
- Les seniors : le VAE prolonge la pratique quand les jambes ou le souffle ne suivent plus, et permet de continuer à rouler en groupe — un vrai sujet après 60 ans.
- Les couples ou groupes de niveaux différents : l'assistance gomme les écarts et sauve les sorties du dimanche.
Comment en faire un vrai entraînement
Le piège du VAE est de laisser l'assistance au maximum en permanence. Pour garder (ou retrouver) la dimension sportive :
- Jouez avec les modes : niveau minimal sur le plat, assistance réservée aux côtes et aux redémarrages. Baissez d'un cran chaque mois.
- Allongez les sorties : à effort perçu égal, doublez la distance — c'est tout l'intérêt.
- Coupez l'assistance par séquences de 10 à 15 minutes sur terrain plat, comme du fractionné doux.
- Gardez les fondamentaux du cycliste : cadence de pédalage souple, hydratation, et les mêmes règles de sécurité et d'entretien qu'un vélo classique — nos guides sur l'équipement pour débuter à vélo et les erreurs de débutant à vélo s'appliquent intégralement, le poids de l'engin (20-25 kg) en plus.
Et pour le cycliste sportif ?
Le VAE n'est pas réservé aux débutants : les VTT à assistance électrique permettent d'enchaîner plus de descentes techniques en montagne, et certains cyclistes l'utilisent en récupération active. Si votre objectif est la progression pure en cyclisme musculaire, l'entraînement classique reste la référence — notre plan pour passer de 30 à 60 km est là pour ça. Mais opposer les deux n'a pas grand sens : le meilleur vélo reste celui qui sort du garage, et pour rejoindre un club ou trouver des itinéraires, l'annuaire des lieux de pratique du cyclisme est un bon point de départ.
Passez à la pratique
Des clubs prennent les inscriptions en ligne