Tennis
Préparation physique au tennis : s'entraîner hors du court
Publié le 20 août 2026
À partir d'un certain niveau, taper des balles ne suffit plus à progresser : c'est le corps qui devient le facteur limitant, sur l'explosivité des premiers appuis, la tenue physique en fin de match ou la prévention des blessures. Beaucoup de joueurs amateurs négligent cette dimension, pourtant accessible sans salle de sport ni matériel sophistiqué. Voici les qualités à travailler et comment s'organiser.
Le tennis, un sport d'efforts courts et répétés
Une revue de référence sur la physiologie du tennis, publiée par Mark Kovacs en 2007 dans la revue Sports Medicine (voir l'étude), décrit les exigences physiques du sport : des points qui durent en moyenne quelques secondes, entrecoupés de périodes de récupération plus longues, sur une durée totale de match qui peut dépasser deux heures. Cette structure impose de développer à la fois l'explosivité sur de courtes distances et une endurance suffisante pour répéter cet effort pendant plusieurs heures sans que la qualité technique ne se dégrade.
Concrètement, cela signifie qu'un entraînement physique pertinent pour le tennis ne ressemble ni à de la course de fond classique, ni à de la musculation lourde isolée, mais combine plusieurs qualités spécifiques.
Les qualités physiques prioritaires
L'explosivité et les déplacements courts
La majorité des déplacements sur un court font moins de 5 mètres. Des exercices de type sprints courts avec départs variés (avant, latéral, en reculant), sauts et changements de direction rapides reproduisent mieux les efforts du match qu'un footing continu.
Le gainage
La rotation du tronc intervient dans presque tous les coups (service, coup droit lifté, revers à deux mains). Un gainage solide améliore la transmission de force depuis les jambes jusqu'à la raquette, tout en réduisant le risque de douleurs lombaires évoqué dans notre guide sur les blessures au tennis. Planche, gainage latéral et rotations contrôlées, deux à trois fois par semaine, suffisent pour la plupart des joueurs amateurs.
L'endurance spécifique
Plutôt qu'un long footing, privilégiez un travail par intervalles qui reproduit l'alternance effort-récupération d'un match : par exemple 20 à 30 secondes d'effort intense suivies de 10 à 20 secondes de récupération, répétées sur plusieurs séries. Cette structure se rapproche beaucoup plus de la réalité du jeu qu'une course continue.
La mobilité et la prévention
Épaule, hanche et cheville sont particulièrement sollicitées au tennis. Quelques minutes d'étirements dynamiques avant de jouer et de mobilité articulaire en dehors des séances réduisent significativement le risque de blessure de surcharge.
Une séance type hors du court
- Échauffement dynamique (5-10 min) : rotations articulaires, montées de genoux, talons-fesses, quelques accélérations progressives ;
- Bloc explosivité (10-15 min) : sprints courts, sauts, changements de direction ;
- Bloc gainage et renforcement (10-15 min) : planche, gainage latéral, squats, fentes ;
- Retour au calme (5 min) : étirements légers, respiration.
Deux séances de 30 à 40 minutes par semaine, en complément de la pratique sur le court, suffisent pour la plupart des joueurs amateurs à ressentir une différence notable sur l'endurance en fin de match et sur la vitesse de déplacement.
Adapter l'effort selon l'âge et le niveau
Un junior en pleine croissance ou un joueur senior qui reprend après une pause n'a pas les mêmes besoins qu'un compétiteur régulier. Pour les plus jeunes, privilégiez le jeu et la variété des mouvements plutôt qu'un travail physique structuré trop tôt — voir notre article sur à quel âge commencer le tennis. Pour une reprise après 50 ans, mieux vaut progresser prudemment sur l'intensité, un sujet détaillé dans notre guide tennis senior.
Combien de temps avant de ressentir les effets
La préparation physique n'apporte pas de résultats immédiats : comptez généralement quatre à six semaines de travail régulier avant de percevoir une différence nette sur le terrain, que ce soit en termes de vitesse de déplacement ou de tenue physique en fin de match. La régularité prime largement sur l'intensité ponctuelle : deux courtes séances par semaine sur plusieurs mois valent mieux qu'une séance longue et épuisante suivie de plusieurs semaines d'arrêt.
Il est également important de respecter des phases de récupération, en particulier en période de compétition. Enchaîner un travail physique intense la veille d'un match important n'a rien de bénéfique — mieux vaut réserver les séances les plus exigeantes aux jours suivant un match ou une compétition, et alléger le travail physique dans les 48 heures qui précèdent une échéance importante.
Faut-il un coach spécialisé ?
Pour un joueur amateur, la plupart des exercices présentés ici peuvent se pratiquer en autonomie, éventuellement avec l'aide de vidéos ou de fiches fournies par son enseignant de tennis. Un préparateur physique spécialisé devient utile principalement pour les joueurs en préparation de compétition régulière, ou pour ceux qui reviennent d'une blessure et ont besoin d'un programme de reprise progressif et sécurisé. Dans ce cas, demandez à votre club s'il propose un partenariat avec un préparateur physique, une option de plus en plus fréquente dans les structures qui accompagnent des joueurs de compétition.
Trouver un club près de chez vous
Certains clubs proposent des créneaux de préparation physique collective en complément des cours de tennis classiques — renseignez-vous directement auprès des structures. Retrouvez tous les lieux de pratique du tennis sur App-Sport, comparez les clubs qui prennent les inscriptions en ligne, ou consultez la carte pour repérer les clubs proches de chez vous.
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